L’augure dans la religion romaine

L’augure

augure

L‘augure dans la religion romaine, un prêtre chargé d’interpréter les phénomènes naturels considérés comme des présages.
Les augures étaient les interprètes des volontés de Jupiter, maître des signes ; il était hors de question de partir à la guerre, de choisir l’emplacement d’un temple, de désigner un homme pour une fonction politique, sans consulter les augures. Par exemple, en 63 av. J.-C., Marcus Calpurnius Bibulus tenta de s’opposer à l’une des actions de Jules César en affirmant que les augures étaient défavorables.
Un « augure » (du latin augurium, nom de même racine qu’augur, is, mais cette fois inanimé) désigne également la pratique divinatoire (augurium au sens abstrait) exercée par ces prêtres, et le message (de bon augure ou de mauvais augure) envoyé par les dieux (augurium au sens concret) qui doit être élucidé afin de déterminer une conduite à tenir pour satisfaire la volonté des dieux.

L'augure

Membre d’un collège sacerdotal romain chargé de la divination officielle et de l’interprétation de la volonté des dieux. (Les augures jouèrent un rôle important jusqu’à l’époque impériale.)
Présage tiré par ces prêtres de l’observation et de l’interprétation de certains signes.

Il me semble d’ailleurs que la pitié de Delphes était une augure, on allait avoir pour savoir si les augures étaient favorables, aujourd’hui on dirait plutôt si les signes sont favorables.

Interprétations des présages

 

Les présages sont lus par les devins. Les devins, pour prendre les présages, se tournaient vers le nord, de manière à avoir l’orient à droite et l’occident à gauche ; si le vol, l’animal ou l’éclair passait à droite de l’observateur (dexter), les dieux étaient favorables ; s’il passait à sa gauche, (sinister, qui a donné le mot « sinistre »), les dieux étaient défavorables.

 

De tous les météores qui servaient à prendre l’augure, les plus importants étaient le tonnerre et les éclairs : s’ils venaient de l’orient, ils étaient réputés heureux ; s’ils passaient du nord à l’ouest, c’était tout le contraire. Les vents étaient aussi des signes de bons ou mauvais présages. Les oiseaux dont on observait avec le plus d’attention le vol et le chant étaient l’aigle, le vautour, le milan, le hibou, le corbeau et la corneille. Pour procéder à cette consultation, l’augure (successeur de l’haruspice étrusque) prenait son lituus, un bâton recourbé ne présentant aucun nœud, et traçait dans le ciel et, plus tard, sur le sol, le templum, c’est-à-dire le périmètre sacré à l’intérieur duquel il entrerait en relation avec Jupiter.

 

Cette opération était l’inauguratio ; à l’intérieur de ce périmètre, l’augure traçait ensuite une ligne Nord-Sud et une ligne Est-Ouest ; il se plaçait à leur intersection, tourné vers l’Est, tandis que celui qui le consultait se tournait vers le Sud. L’augure, avec son épaule et son bras droits entièrement découverts, est saisi au moment où il « prend les auspices », c’est-à-dire le moment où observe le vol des oiseaux.

 

Il y avait deux sortes d’auspices : ceux que l’on sollicitait avec l’augure étaient dits imperativa ; ceux qui s’offraient d’eux-mêmes, oblaticia. Romulus et Remus, en désaccord sur le lieu de formation de leur ville, guettèrent ainsi les auspices, chacun sur la colline qu’ils avaient choisie. Remus, sur l’Aventin, fut le premier à voir six vautours mais Romulus, peu de temps après, en compta douze. C’est ainsi qu’il sut que le Palatin, qu’il avait choisi, était agréé par les dieux.

 

Outre le vol et le cri des oiseaux, en particulier des pies, des corbeaux et corneilles, l’augure observait aussi l’appétit des poulets sacrés : qu’ils refusent les grains, et le présage était néfaste ; qu’il le mange avec voracité et le présage était faste ; d’autres augures connus sous le nom d’haruspicine (de haru-spicere, « regarder les entrailles »), observer les viscères (« exta ») des victimes sacrifiées : si le foie, la rate, l’estomac, les poumons, le cœur et les reins présentaient les caractéristiques voulues, ils étaient brûlées sur l’autel en offrande aux dieux, sinon, on recommençait le sacrifice.

 

S’il s’agissait d’une affaire d’État, l’augure devait être fait par un spécialiste, le tout en présence des magistrats afin de savoir si les dieux étaient ou non favorables à l’entreprise.

 

Afin que le chef d’une armée eût toujours à sa disposition les moyens de consulter les dieux par l’entremise des oiseaux, il se faisait accompagner d’augures portant dans des cages les poulets sacrés. Ces augures appelés pullaires avaient pour unique fonction de nourrir ces volailles, et de les observer à toute heure du jour. On donnait le nom d’haruspices aux ministres chargés spécialement d’examiner les entrailles des victimes pour en tirer des présages. Ils étaient, en général, choisis dans les meilleures familles de Rome, après avoir longtemps été des Étrusques embauchés pour cela, par l’empereur Claude qui avait étudié la langue étrusque, appris à la lire, et qui avait créé un « collège » de 60 haruspices qui exista jusqu’en 408.