LE PENDU (Arcane 12) ÉCOLE DE VOYANCE PIERRE HORN COURS DE TAROT

LE PENDU (Arcane 12)

PENDU

Le Pendu est une des cartes les plus connues du jeu de Tarot de Marseille, de par la vision frappante qu’elle offre de cet homme pendu par un pied.

Elle symbolise l’incapacité à faire les choses, l’impuissance, le sentiment d’être « pieds et poings liés » face à une situation qui n’est pas maîtrisée.

Elle indique par là qu’il est parfois nécessaire de renoncer pour pouvoir avancer par la suite, et que cela peut représenter un enrichissement spirituel de savoir lâcher prise.

Le consultant, ne pouvant pas agir, aura ainsi l’opportunité de réfléchir en profondeur à sa situation et d’en tirer des enseignements.

PENDULa carte du Pendu se trouvant à l’envers et voyant les choses de façon inversée.

Les perspectives sont différentes.

Le Pendu est plus réceptif, ses capacités d’adaptation sont plus importantes.

En raison de ses pieds et de ses mains liées, le consultant a tout le temps de réfléchir à la situation, de méditer, d’utiliser son esprit.

Ainsi c’est le moment de l’attente, de la réflexion, toute action est semble exclue.

Il faut accepter les blocages, les retards comme un signe du destin demandant d’agir avec prudence.

Il faut passer par une épreuve nécessaire pour pouvoir avancer, pour gagner un avenir meilleur.

Ce n’est que de cette façon que l’avenir sera positif et la régénération totale.

Le consultant devra peut être changer son point de vue sur les choses et les décisions (posture du Pendu à l’envers).

De même la situation actuelle peut sans doute s’inverser totalement par rapport à ce qui était prévu au départ.

C’est une lame positive.

Les changements même négatifs en apparence ne peuvent être que positifs à la longue en profondeur.

Lorsque l’arcane se trouve avec des cartes positives, elle annonce des succès après une épreuve, un long travail, des sacrifices à faire…

Peut être le consultant doit-il sortir de son train de vie actuel et se tourner vers un autre choix de vie plus basé sur la méditation, ou le retour à la nature.

Sans aucun doute, il est urgent et indispensable de se remettre en question.

Le consultant doit prendre en considération son passé et son présent pour prendre des décisions concernant son avenir.

Sur le plan mental, physique et émotionnel.

Le consultant doit trouver la maturité et la détermination pour faire des choix important qui concernent les domaines sentimental, intellectuel et matériel.

 

DANS LE SENS « ÉLÉMENTAIRE »

Mots-Clés : Blocage, Abnégation, Attente, Solitude, Méditation.

 

PENDU

Carte insistant sur le moment d’attente, on est bloqué, on ne peut qu’attendre, c’est la seule solution.

On ne peut rien faire, on subit les événements.

Ou d’un point de vue spirituel c’est mise en retrait est favorable : on arrive à faire le tri, qu’on arrive à se détacher de tout.

Pour le moment en général, on est contrarié, on est plus comme un spectateur de notre vie.

On doit renoncer, laisser faire.

 

SENS POSITIF

 

Cet arcane est synonyme de réceptivité et d’acceptation.

Il véhicule des valeurs telles que le sens du don de soi, l’adaptabilité, la flexibilité et la bonté.

 

PENDUTirage amoureux : amour secret, relation sincère, relation non consommée, évaluation de la relation, pause dans la relation.

Tirage professionnel : travail de fourmi, professions de relation d’aide favorisées.

Tirage financier : situation stable.

Tirage vitalité : énergie positive.

Message de l’arcane : Le Pendu vous encourage à accepter toutes choses même si elles vous paraissent négatives en premier lieu.

Avec le recul, les choses nous sont parfois plus favorables que l’on ne le pense.

Ce peut-être l’occasion de se renforcer, de se développer sur le plan personnel.

Il faut accueillir en nous chaque expérience.


SENS NÉGATIF

 

Cet arcane est aussi synonyme de passivité, d’ennui, de tristesse et de regrets.

Le Pendu s’avère alors préoccupé, résistant au changement, déstabilise par ses illusions.

Tirage amoureux : retour à la réalité, difficultés conjugales, adultère, séparation.

Tirage professionnel : rupture professionnelle, difficultés dans le travail, ennui, stress professionnel.

Tirage financier : dépenses à surveiller, situation difficile.

Tirage vitalité : difficultés.

Message de l’arcane : Le Pendu vous conseille de changer votre positionnement actuel.

Rien ne sert de vous vouer corps et âme à une cause, aussi juste soit elle.

Il est important de vous recentrer sur vous et sur vos besoins les plus intimes au lieu de chercher à obtenir des bénéfices de vos sacrifices personnels.

Impossibilité d’agir, mise en suspension de l’être.

Période intermédiaire de lente métamorphose.

Cela représente aussi le sacrifice librement consenti par rapport à un idéal, une situation, un être.

Parfois cela indique un retard, une attente forcée et nécessaire.

Sinon Le Pendu indique qu’il y a des problèmes et des soucis sur le plan amoureux, et/ou familiaux.

Troubles émotionnels, frustrations, résistance et refus d’obtempérer.




OPTIQUE « ÉVOLUTION PERSONNELLE »

LE PENDU de par sa position renversée, nous demande une autre vision des choses qui nous entourent.

Renversement de situation comme de point de vue. Le pendu est l’arcane du renoncement et du lâcher prise.

Il nous demande de nous vider du connu pour mieux nous remplir.

À l’inverse du « laisser faire » il y a la raideur du mental qui a besoin de tout contrôler !

Ceci est lié à l’angoisse de l’existence, on ne fait pas confiance.

C’est aussi l’angoisse de laisser remonter des sentiments refoulés dans l’inconscient… ou la peur d’être englouti par la mère.

Nous sommes menés par notre inconscient et tout notre travail consiste à faire confiance et simultanément prendre conscience des forces qui nous manipulent pour les identifier et les faire ainsi exister.

Le pendu nous demande d’aller vers l’humilité, pour ce faire…

Le Pendu conseille de passer les épreuves en souriant, en s’amusant et de ne pas perdre son énergie en inutiles angoisses.

Il conseille de relever le défi, d’accepter le revirement de situation nécessaire à son évolution personnelle.

Encore une Lame à la mauvaise réputation, tout à fait injustifiée.

Elle fait peur, réveille des craintes de toutes sortes, alors que c’est un Arcane de la confiance par excellence.

Sa question : « Est ce que je me fais confiance, ai-je foi en la Vie ? »

12 = 1 et 2 : moi et l’autre.

Comment je me comporte dans une relation, est ce que je l’aborde avec assurance, suis-je en état d’accorder ma confiance ?

1 + 2 = 3 : l’Impératrice qui fait descendre l’Esprit dans la matière, la clairvoyance, la vision haute.

L’Esprit qui peut nous guider et par lequel nous pouvons nous laisser aiguillonner en toute sécurité.

Car le Pendu est en lien avec la lettre hébraïque Lamed, l’aiguillon.

Il est attaché par le talon d’Achille, son point faible : à qui, à quoi sommes-nous trop attachés ?

C’est dans les domaines où nous sommes les plus liés que la Vie viendra nous éprouver et si nous résistons, nous perdons notre Force.

PENDUD’où la nécessité de conscientiser de qui où de quoi nous sommes trop dépendants.

Lâcher prise ou l’emprise, mettre de la distance, prendre du recul, voir la situation sous un autre angle, relativiser, et se détacher de nos attaches, de nos jeux de rôles, et de nos conditionnements, auxquels nous sommes appelés à ne plus nous identifier.

Nous libérer de nos fidélités familiales, de nos mémoires ancestrales, et ne plus nous perdre dans les personnages que les autres nous ont imposé ou que nous avons mis en scène nous-même, dans ce grand théâtre de la Vie où nous sommes à la fois acteur, spectateur et metteur en scène.

Le mental conscient, illuminé et nourri par la Source va nous permettre de rester dans l’auto-observation permanente, d’assister à notre propre jeu et de le voir d’un autre point de vue.

Le mental détaché laisse à l’Âme la possibilité d’être aux commandes.

Même suspendu la tête en bas, le Pendu n’a pas l’air malheureux, sa jambe est croisée avec désinvolture dans un mouvement qui préfigure déjà la posture du personnage dans la Lame de l’accomplissement, le Monde.

Sa confiance, sa foi et sa reliance lui permettent de se nourrir à la Source (représentée par la couleur verte) et ses cheveux bleus (élément yin) sont d’ailleurs des capteurs de cette énergie.

La Source ne nous laissera jamais tomber car l’Univers prend soin de chacune de ses créatures.

Il n’y a que nous qui puissions rompre ce lien.

Et si nous retournons la Lame, le fil devient racine, le Pendu peut ainsi facilement décroiser les mains et les jambes. 

Il n’est plus un pantin mais un acrobate qui prend conscience de ses « singeries » (les diablotins de la Roue de Fortune), qu’il met à la Lumière, et alors il pose la main sur la manivelle.

Cette Lame invite à nous poser, à nous reposer, à prendre le temps de nous rééquilibrer et à ne pas confondre la patience avec la résignation.

Les six bourgeons des arbres évoquent l’Amoureux car c’est en amour de soi que nous pouvons décider à qui nous choisirons de nous attacher et de qui nous nous détacherons.

Ils sont rouges, couleur de la Vie qui jaillit, de l’énergie et de la joie.

Si nous entrons dans cette danse, nous réalisons notre destin, notre créativité, sinon, nous mourrons à petit feu.

PENDUL’Arcane Sans Nom arrive juste après et repose la question : « A qui et à quoi êtes-vous attachés ? ».

Nous périssons à l’endroit où nous sommes liés car la Vie ne supporte pas ces entraves, elle doit circuler librement.

Attention toutefois à ne pas confondre l’Amour véritable qui laisse libre et les béquilles affectives.

Le Pendu est l’Arcane du changement du point de vue, du retournement, de la mutation, due à la force de l’âme.

Il conseille d’observer sa vérité, ses limites, d’oser demander, au risque d’entendre le « non » sans s’en formaliser, enfin prendre de la distance.

Et surtout espérer, faire confiance, se faire confiance et demeurer relié à la Source qui ne nous abandonnera jamais.

Le mal vécu :  L’impossibilité de couper le cordon avec l’autre, vivre en état de dépendance, donc ne jamais être véritablement soi.  

S’attacher à des choses périssables et se couper de la Source.  

S’identifier aux rôles, au statut social, aux possessions matérielles, s’emprisonner dans les apparences.  

Refuser de se remettre en question, éprouver le besoin d’avoir toujours raison. 

La dérobade, la fuite, la passivité, l’indifférence, le laisser aller….

Pour ceux qui n’auraient pas lu les textes sur les Arcanes précédents, je conclurai encore par mon propos habituel : ici encore, ce ne sont que quelques généralités de cette Lame qui ne sera jamais vécue de la même façon par différentes personnes.

La place qu’elle occupera dans un thème, comme ses interactions avec d’autres Arcanes déterminera aussi ma manière de l’interpréter.




OPTIQUE « THAUMATURGIQUE »

Le Nombre Douze, le Pendu dans le livre de Thoth, est celui du sixième signe Hénoch/Bélier dans notre Zodiaque sacré. C’est celui qui occupe la troisième position (le Destin) dans ce quatrième ternaire (10-11-12). Ce Nombre Douze est aussi pour les alchimistes la réalisation du Grand OEuvre dont l’image hiéroglyphique de la lame du livre de Thoth, figure un homme pendu par les pieds dont les bras forment un triangle avec la tête (triangle pointe en bas, la matérialité), et la jambe droite repliée à l’horizontal, forme une croix avec l’autre jambe qui elle est verticale. Ce qui symbolise la représentation du Grand OEuvre alchimique (le triangle pointe en bas surmonté d’une croix).

Cet homme qui a la tête dirigée vers la terre et les pieds (symbolisant les racines) dirigés vers le ciel, nous indique l’inversion des perceptions et des valeurs de l’âme-de-vie, dans sa marche vers l’évolution, dont Hénoch/Bélier est l’agneau sacrificiel de la Pâques de la renaissance. L’inversion des valeurs que représente ce Nombre Douze est aussi un changement de la gravitation. Les désirs, les passions, les émotions et les instincts de l’être charnel sont sous l’emprise de la gravitation terrestre ; alors que les aspirations, les facultés et la volonté de l’âme-de-vie spirituelle sont sous l’emprise de la gravitation du ciel.

Lorsque cette âme-de-vie, au moment où commence à se produire l’inversion du cycle de notre Zodiaque sacré, lorsqu’il parvient à son Nadir, se retrouve en apesanteur entre ces deux gravitations contraires, elle éprouve une sensation de crucifixion ; crucifixion admirablement symbolisée par le Tau que forme la figure du Pendu avec la barre transversale qui le soutient. Sainte Thérèse d’Avila dans sa Vie écrite par elle-même, chapitre XX, a fort bien résumé cet état d’initiation qu’est le Pendu :

 

Il semble que l’âme est dans un état tel qu’il ne lui vient aucune consolation du ciel, où elle n’habite pas encore, ni de la terre, où elle n’est plus et d’où elle ne veut point en recevoir ; elle est pour ainsi dire crucifiée entre le ciel et la terre, et dans sa souffrance, elle n’a de secours ni d’un côté ni de l’autre.

 

Voilà qui résume admirablement l’état de l’âme-de-vie se consacrant à la réalisation volontaire du Grand OEuvre dans ce signe de feu (Hénoch/Bélier) en exaltation. Ce Grand OEuvre qui n’est pas autre chose que la conquête des facultés supérieures des sens spirituels de l’âme-de-vie, échelon préalable d’élévation avant d’espérer pouvoir parvenir à la supraconscience, ce qui lui permettra l’émancipation parfaite de sa Volonté en lui assurant à nouveau la souveraineté de ses Pouvoirs Divins. Ce Nombre Douze est celui de nos Douze signes du Zodiaque sacré, travaux d’Hercule que doit réaliser l’âme-de-vie en assimilant les richesses de Connaissances de chacune de ces Puissances, comme l’indiquent les Douze branches coupées des deux arbres qui soutiennent le Pendu. Ces Douze branches coupées sont devenues extérieurement sans objet, notre Pendu (l’oeuvrant), en les assimilant, a rendu leurs influences inactives sur l’âme-de-vie car ces Puissances font maintenant partie intégrante de sa Volonté et de son patrimoine karmique, l’oeuvre et l’oeuvrant ne faisant plus qu’un selon le trope de haute magie :

 

Je-suis-celui-qui-se-crée-lui-même.

 

Concernant la réalisation du Grand OEuvre, parlant du Nombre Douze, Eliphas Lévi écrivait dans, Dogme et rituel de haute magie :

 

Séparer le subtil de l’épais, dans la première opération, qui est toute intérieure, c’est affranchir son âme de tout préjugé et de tout vice : ce qui se fait par l’usage du Sel philosophique, c’est-à-dire de la sagesse ; du Mercure, c’est-à-dire de l’habilité personnelle et du travail ; puis enfin du Soufre, qui représente l’énergie vitale et la chaleur de la volonté. On arrive par ce moyen à changer en Or spirituel les choses même les moins précieuses, et jusqu’aux immondices de la terre. C’est en ce sens qu’il faut entendre les paraboles de la Tourbe des philosophes, de Bernard le Trévisan, de Basile Valentin, de Marie l’Égyptienne et des autres prophètes de l’alchimie : mais dans leurs oeuvres, comme dans le Gand OEuvre, il faut séparer habilement le subtil de l’épais, le mystique du positif, l’allégorie de la théorie. Si on veut lire avec plaisir et intelligence, il faut d’abord les entendre allégoriquement dans leur entier, puis descendre des allégories aux réalités par la voie des correspondances ou analogies indiquées dans le dogme unique : Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et réciproquement.

 

L’addition théosophique du Nombre Douze nous donne : 1+2 = 3, ce que nous pouvons traduire par la Providence + la Conscience qui s’expriment dans le Destin, et quel Destin que celui de la traversée de la sphère temporelle organique, pour devenir : tel-que-Lui-les-Dieux connaissant-le-Bien-et-le-Mal. L’addition théosophique des Nombres jusqu’à Douze nous donne comme résultat 78, celui de l’ensemble des Arcanes majeurs et mineurs du livre de Thoth dont les combinaisons possibles, en utilisant qu’une seule fois un arcane par combinaison, sont de l’ordre de 1042 , le Nombre Dix suivi de 42 Zéro. Dans l’hypothèse d’une utilisation plusieurs fois répétée d’un même arcane dans une combinaison, les combinaisons possibles de ces 78 lames deviennent alors infinies.

 

La traduction des principes de ce Nombre Douze dans le Tao-Tô-King est la suivante :

 

Accorder le corps et l’âme afin qu’ils voguent à l’unisson et ne se séparent pas.Concentrer sa force vitale et la rendre docile comme celle du nouveau-né.Au-delà du réel, scruter le miroir poli par le regard de l’âme et se laisser aspirerpar la lumineuse obscurité.Ménager le peuple sans intervenir.Rester serein, comme la femme, lorsque s’ouvrent et se referment les portes de l’existence.Garder son ignorance et voir les choses dans leur lumière.Donner la vie et la protéger.Produire sans s’approprier.Agir sans rien attendre.Diriger sans dominer.Tel est le chemin de la mystérieuse perfection.