Le Yi Jing ou Yi king voyance gratuit

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Le Yi Jing (sinogrammes 易经simpl./易經trad., pinyin yì jīng, Wade-Giles i4 ching1, également orthographié Yi King ou Yi-King), prononcé en français i ting est un manuel chinois dont le titre peut se traduire par « Classique des changements » ou « Traité canonique des mutations ». Il s’agit d’un système de signes binaires qui peut être utilisé pour faire des divinations. Le Yi Jing s’appelle aussi Zhou Yi (周易, pinyin : Zhōu Yì, Wade-Giles : Chou1 I4) c’est-à-dire « changements de Zhou » pour cette raison que son élaboration date du Ier millénaire avant l’ère chrétienne, époque des Zhou (1027, 256 av. J.-C.).

 

Il occupe une place fondamentale dans l’histoire de la pensée chinoise et peut être considéré comme un traité unique en son genre dont la finalité est de décrire les états du monde et leurs évolutions. Premier des cinq classiques, il est donc considéré comme le plus ancien texte chinois.

 

Le Yi Jing est le fruit d’une recherche spéculative et cosmogonique élaborée, dont les articulations ont informé [modelé ?] durablement la pensée chinoise. Sa structure mathématique a impressionné Leibniz qui y aurait vu la première formulation de l’arithmétique binaire. De fait, partant d’une opposition/complémentarité entre les principes d’engendrement Yin et Yang (yin // réceptif // lune // femelle // passif alors que yang // créatif // soleil // mâle // actif) et subdivisant cette dualité de façon systématique (adret = côté au Soleil alors qu’ubac = côté à l’ombre ; vents favorables opposés aux nuages contraires), le Yi Jing arrive à la série des 64 figures qui peuvent interpréter toutes les transformations possibles.

 

« Le Yi-King ou Livre des transformations de l’archaïque magie chinoise apporte l’image la plus exemplaire de l’identité du Génésique et du Génétique. La boucle circulaire est un cercle cosmogonique symboliquement tourbillonnaire par le S intérieur qui à la fois sépare et unit le Yin et le Yang. La figure se forme non à partir du centre mais de la périphérie et naît de la rencontre de mouvements de directions opposés. Le Yin et le Yang sont intimement épousés l’un dans l’autre, mais distincts, ils sont à la fois complémentaires, concurrents, antagonistes. La figure primordiale du Yi-King est donc une figure d’ordre, d’harmonie, mais portant en elle l’idée tourbillonnaire et le principe d’antagonisme. C’est une figure de complexité. »

 

Histoire

Origine selon la tradition

 

L’origine du Yi Jing est censée provenir de l’observation de la nature. La tradition chinoise fait remonter le Livre des mutations à l’invention des trigrammes par Fuxi, considéré comme le saint dont parle une phrase du commentaire Shiyi (Zhouyi Xici 周易.系辭) : « Du fleuve Jaune est sortie une image et de la [rivière] Luo un livre, un saint les a imités. » (河出图洛出书圣人则之 / 河出圖洛出書 聖人則之, héchūtú luòchūshū shèngrénzézhī)

 

Yu le Grand, fondateur de la dynastie Xia, est parfois aussi identifié au saint ; c’est à son époque que les 64 hexagrammes au grand complet sont rassemblés dans le Lian Shan (连山 / 連山, liánshān, « succession de montagnes »). Il s’agit du premier des trois livres des mutations mentionnés par le Zhouli (周礼 / 周禮, zhōulǐ). Il commençait par l’hexagramme montagne (艮, gèn), qui représenterait deux montagnes superposées, d’où son nom[Quoi ?].

 

Fuxi et Yu sont censés avoir reçu leur inspiration d’hexagrammes dessinés sur une tortue ou un cheval (Fuxi, image du Fleuve jaune) et d’un livre porté par une tortue (Yu, livre de la Luo).

 

L’avènement de la dynastie Shang fut l’occasion d’une nouvelle lecture des hexagrammes concrétisée dans le deuxième livre des mutations, le Gui Cang (chinois simplifié : 归藏 ; chinois traditionnel : 歸藏 ; pinyin : guī zàng ; littéralement : « canon du retour ») débutant par l’hexagramme terre (ou féminin) (坤, kūn), que le nom du livre évoque.

 

Lors du règne du dernier des Shang, le roi Wen de Zhou tira les hexagrammes et aboutit à un classement qui mettait l’hexagramme ciel (乾, qián) en tête : c’était l’annonce d’un changement dynastique. Il rédigea une explication pour chaque hexagramme, les guaci (卦辞 / 卦辭, guàcí). Zhou Gong, frère du roi Wu, acheva l’ouvrage en rédigeant les yaoci (爻辞 / 爻辭, yáocí), explications ligne par ligne des différents hexagrammes. Le « Yi jing’ »’ est le troisième et le seul restant des livres des mutations cités par le Zhouli, les deux premiers avaient déjà disparu sous les Han.

 

On attribue à Confucius de la période des Printemps et des Automnes le commentaire Shiyi (十翼) (dix ailes), aussi appelé Yizhuan (易傳) (« commentaire du Yi Jing ») à partir de Han Wudi. Le Yi Jing et le Shiyi, inséparables en Chine, forment le Zhou Yi (周易) . Il a fait l’objet de nombreux commentaires secondaires, que l’on peut ranger en deux grandes catégories : abstraites (ex: Wang Bi, Cheng Yi (程頤) 1033-1107) et concrètes (ex : Jing Fang (京房) des Han occidentaux, Shao Yong (邵雍) 1011-1077).

 

Le Zhou Yi aurait échappé à l’autodafé ordonné par Qin Shihuang grâce à Li Si qui l’aurait classé par ruse dans les livres de médecine et de divination. Cette explication, qui cherche à atténuer son aspect utilitaire, représente l’opinion des lettrés voulant avant tout y voir un ouvrage philosophique et confucéen. Le Yi Jing a d’ailleurs été inclus dans les cinq classiques constituant la base de l’éducation des lettrés.

Date et auteurs

 

Aucune réponse définitive n’a encore été apportée à ces deux questions. Le Yi Jing proprement dit est écrit dans un langage elliptique truffé de caractères archaïques qui situe sa rédaction avant la deuxième moitié du VIIIe siècle av. J.-C.. De l’aveu des Chinois contemporains, le sens en est devenu presque impénétrable, d’où la nécessité du commentaire, mais le style semble cohérent de bout en bout, suggérant un rédacteur ou au moins un point de vue unique. Le commentaire Shiyi, attribué à Confucius par le Shiji, est assez facile d’accès à un lecteur formé au chinois classique. Présentant une perspective générale plutôt morale et confucéenne, il offre néanmoins de nettes différences de style et de point de vue de passage à passage, et proviendrait donc de multiples auteurs. Les hypothèses concernant sa date de rédaction vont du début du VIIIe siècle av. J.-C. au début de l’ère chrétienne.

Postérité

Joachim Bouvet envoya à Leibniz un diagramme représentant les 64 hexagrammes du Yi-king (1701)

 

Comme Etienne Perrot nous l’indique dans la préface à sa traduction, dès la fin du XVII° siècle le Yi-king, par l’intermédiaire des Jésuites résidant à la cour à Pékin, fut connu en Europe ; intéressant même Leibniz, qui correspondit avec l’un de ces religieux, intéressé par le parallèle entre le système binaire du yin-yang et sa propre numération basée sur le 0 et le 1. Une traduction fut entreprise, édité plus tard en latin au début du XIX° siècle en Allemagne. À la fin du XIX° siècle, des traductions plus compréhensibles parurent en Angleterre, en France et en Belgique.

 

Mais l’ « intelligence spirituelle » (Étienne Perrot) manquait à tous ces traducteurs. Richard Wilhelm, missionnaire protestant arrivé en Chine en 1899, fut le premier européen à recevoir l’esprit du Yi-king et la mission de le faire connaître au reste du monde. Disciple d’un vieux lettré chinois qui voyait sa civilisation sombrer, il reçut de lui l’éclairage nécessaire pour rendre compréhensible les enseignements du texte et entreprit une nouvelle traduction en allemand. Après la mort de son maître et son retour en Europe, Wilhelm fit paraître le « I Ging » à Iena en 1924, et se lia d’amitié avec Carl Gustav Jung dont une des élèves Cary Baynes entreprit une traduction en anglais de l’ouvrage avec une préface de Carl Gustav Jung.

 

Il fallut attendre 1973 pour qu’un des traducteurs principaux de Carl Gustav Jung, Étienne Perrot, psychanalyste et spécialiste d’alchimie, s’attelle à la traduction du livre de Richard Wilhelm en français et ouvre en France l’intérêt pour le Yi King auprès du grand public.

Structure mathématique

 

On consulte le Yi Jing à travers les trigrammes et hexagrammes que l’on tire trait par trait.

 

Les hexagrammes sont des figures basées sur la combinaison de six traits dont chacun peut prendre l’une de ces deux formes : le trait plein (Yang) et le trait brisé (Yin). Ces deux formes elles-mêmes se subdivisent en deux catégories : trait naissant et trait mutant. À chaque hexagramme a été ajouté ultérieurement un commentaire comportant des indications sur la qualité de l’état concerné.

Les huit trigrammes

Article détaillé : Bāguà.

 

Les huit trigrammes ou « huit (ba) figures de divination (gua)» sont à la base du Yi Jing.

Les soixante-quatre hexagrammes

Article détaillé : hexagramme.

 

Ils résultent de la combinaison de deux trigrammes. C’est une série de soixante-quatre hexagrammes, chacun symbolisant un état et ses transitions possibles

Consultation du Yi Jing

 

Explorer le Yi Jing suppose la compréhension d’un système de signes et de symboles, organisés et interprétés, dont la lecture permet toujours une seconde lecture, par définition, comme il en va de tout texte. Le charme de cette lecture provient d’une interrogation qui subsiste sur le sens, appliqué à une situation aléatoire, et supposé fournir une réponse, adaptée ou adaptable. Nous sommes en présence d’un texte ésotérique et pragmatique, philosophique et moral, présumé comporter une certaine sagesse.[réf. nécessaire]

 

Si l’on oublie la dimension magique et primitive du texte originel, il reste une recherche poétique et naturaliste, qui ne manque pas d’intérêt. Si l’on préfère interroger la dimension divinatoire de ce texte, qui fonctionne alors comme un jeu, il reste à découvrir la relation qui se noue autour d’un devinant et d’un deviné, d’un signifiant et d’un signifié, à partir d’une spéculation ludique quant à la nature du monde, des énergies et des formes, qui le constituent.[réf. nécessaire]

 

Consulter le Yi Jing est une pratique, antique et singulière, qui a traversé les siècles, et même les millénaires, et cette pérennité suggère la permanence des questions, à travers le temps, sans garantir pour autant la validité des réponses. Au contraire, il semble que la variabilité des réponses offre toujours au consultant la possibilité de reformuler sa question, d’en préciser le contour, et partant, d’adapter son point de vue au texte, tel qu’il est traduit. Car le Yi Jing envisage des tendances envisagées dans un ensemble, et non des « acteurs » / facteurs causaux : si ce n’est pas un facteur qui l’emporte, un autre prendra la relève, mais la tendance de fond perdure.[réf. nécessaire]

Lecture et compréhension

 

Le Yi Jing propose une « carte du monde », qui tente de rendre compte à la fois de la nature, de ses changements, et des humains, de leurs relations, changeantes elles aussi. Parmi les soixante-quatre transitions simplifiées décrites, il est admis que l’une se rapprochera plus que les autres de la réalité observée a posteriori.

 

La structure du texte est donc à la fois très simple, huit éléments de base, et assez complexe, soixante-quatre variations, avec six nuances supplémentaires, traits ou variantes, à l’intérieur de chaque variation. À cette structure, purement formelle, s’ajoute une difficulté supplémentaire, pour les Occidentaux : la langue et l’écriture chinoise, qui comportent, comme toute langue, et toute écriture, des jeux de mots, des doubles sens, des évocations implicites, des similitudes de formes et de sons, qui font la richesse évocatoire du texte originel, et constituent des obstacles à la compréhension.

 

Le Yi Jing demeure un document précieux, qui appartient au patrimoine de l’humanité, et fait partie des trésors de la pensée chinoise. Il a la particularité de provenir des premières formes orientales d’écriture pictographique, et des premières formalisations arithmétiques.

 

Quelques indications et indices, cependant :

 

soixante-quatre hexagrammes représentent 64 étapes intermédiaires d’un cycle éminemment renouvelable, et globalement caractérisé par la philosophie de « Yin-Yang » ;

chaque hexagramme est comme l’arcane d’un couple de « crise-opportunité », l’image d’une composition énergétique singulière, qui permet ou devrait permettre d’associer à une situation supposée, un diagnostic et une préconisation plus ou moins explicite ;

chaque hexagramme est comme une étape sur la route, comme un moment singulier, de rêve ou de réflexion, de méditation ou de préparation, quelques exemples :

1 le créatif, enseigne à gérer la force Yang ;

2 le réceptif, enseigne à gérer la force Yin ;

29 se présente comme une des situations révélatrices de l’enjeu du livre : il s’agit de franchir l’obstacle, de cheminer malgré l’incertitude, de trouver le lien entre son cheminement et son but ;

63 – Équilibre instable dans la satisfaction (« après l’accomplissement ») ;

64 – Équilibre instable dans l’insatisfaction (« avant l’accomplissement ») ;

 

Consulter le Yi Jing

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