LA JUSTICE ÉCOLE DE VOYANCE PIERRE HORN COURS DE TAROT SUITE

Le grimoire des sortilège et rituel initiation magie wicca

OPTIQUE « THAUMATURGIQUE »

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L’arcane la Justice porte le nombre VIII, 8. Le nombre 8 est un symbole de perfection. À l’horizontale, le “8” devient la “lemniscate”, symbole d’éternité et d’infini. Si le nombre 7 indique un aboutissement, 8 indique le fonctionnement autonome de la création qui s’auto-génère.

 

Ce symbole qui représente l’infini se retrouve figuré sur les arcane 1 (LE BATELEUR) et 11 (LA FORCE). Il représente, sur les lames du Tarot, la circulation des énergie, comme dans un ruban de Moebius… Aussi, ce symbole d’énergie est rappelé énigmatiquement sur les arcanes de LA JUSTICE (8) et du SOLEIL (19), et on le signifie par le symbole de l'”analemne”, secret du cadran solaire…

8

Le chiffre “8” s’obtient par plusieurs combinaisons : 1 + 7 soit, un potentiel sous contrôle ; 2 + 6 soit, la matière brute et les diverses possibilités ; 3 + 5 soit, l’action du mental et la conciliation ; et surtout, 4 + 4 soit, la stabilité dans l’espace, ou la matière raffinée et maîtrisée par le mental.

 

Le chiffre “8” est la première manifestation du monde sensible (rappel : les nombres 1 à 7 symbolisent le monde de la matière palpable et solide, du physique ; les nombres 8 à 14 symbolisent le monde sensible, émotionnel et sentimental ; les nombres 15 à 21 symbolisent le monde du mental, de la pensée, de l’imagination, de l’abstraction).

 

Ne dit-on pas avoir un sentiment de justice ?

 

Deux cercles qui se joignent forment la calligraphie du nombre 8 soit, deux mondes sont en relation : les monde de la matière et de l’esprit. Ils se nourrissent l’un l’autre. Ils sont interdépendants (sans le corps, pas d’esprit). 8 peut symboliser également notre monde en interaction avec l’univers ; ou encore, le monde intime, intérieur, d’un individu en interaction avec le monde environnant ; etc.

 

Le Nombre Huit, est la Justice dans le livre de Thot. Dans l’Ennéade Héliopolitaine Seth. Jupiter sur le plan planétaire, est le principe de l’équilibre des Puissances précédentes.

 

C’est une vertu cardinale qui implique un très haut niveau de discernement et donc de connaissance pour être correctement pratiqué. Dans ce troisième ternaire (7-8-9), ces arcanes précédant la Roue des Destinée, le  Le chiffre “8” occupe la deuxième position ce qui en fait une déclinaison de la Conscience, et, qui pourrait contester que la Justice est la plus haute expression de cette Conscience…

8Nous retrouvons dans ce chiffre “8”  l’essentiel de la fameuse loi de « Maât » : Juste de pensée, juste de parole, juste d’action et trop de Maât n’est plus Maât .

 

Nous voici à l’une des plus difficiles épreuves de la conduite du Chariot, car le dosage des forces et des puissances, pour être juste, requiert une subtilité et une maîtrise sans faille.

 

Se faire une pensée plus ou moins juste d’une chose, condamne à n’en parler que superficiellement ou de façon erronée, et l’action que la volonté instruira, sera en rapport de ces insuffisances.

 

L’activation du Verbe Vivant, comme nous l’avons vu, implique une Pensée Juste en Vertus… Le mot Vertus étant au pluriel…

 

 

 

Eliphas Lévi écrivait dans son ouvrage Dogme et rituel de la haute magie, à propos du Nombre Huit :

 

« Les pensées qui ne se traduisent pas en paroles sont des pensées perdues pour l’humanité ; les paroles qui ne sont pas confirmées par des actes sont des paroles oiseuses, et il n’y a pas loin de la parole oiseuse au mensonge. 

 

C’est la pensée, formulée par des paroles et confirmée par des actes qui constitue la bonne œuvre ou le crime. Donc, soit en vice, soit en vertu, il n’y a pas de parole dont on ne soit responsable ; il n’y a surtout pas d’actes indifférents. Les malédictions et les bénédictions ont toujours leur effet, et toute action, quelle qu’elle soit, lorsqu’elle est inspirée par l’amour ou par la haine, produit des effets analogues à son motif, à sa portée et à sa direction. » 

 

La maîtrise du chiffre “8”  est donc une épreuve redoutable, elle implique discernement, connaissance, libre arbitre, volonté, responsabilité, intelligence et sagesse ; et il n’est pas besoin d’espérer pouvoir s’accommoder avec les lois de la Providence, Jupiter implacablement vieille, rappelant que les choses ne sont pas justes parce qu’elles sont bonnes, mais bonnes parce qu’elles sont juste.

Le chiffre “8” rappelle que la liberté ne consiste pas à pouvoir faire n’importe quoi, ce qui serait un retour rapide au Chaos et à la disparition même de la liberté, mais que la Création basée sur la Vérité Absolue, est forcément ordre équilibre et harmonie, dans les grandes choses (Macrocosme) comme dans les petites (microcosme) ; et s’il est Universellement admis que les grandes choses de la création sont soumises à la Justice, en général la nature humaine se garde d’en faire la correspondance dans les petites choses de son quotidien…

 

Comme le dit l’adage : « le diable se cache dans les détails ». La sentence de la Tablette de Thot :

« Connaître les Lois c’est être libre », nous indique que Justice est aussi liberté. Le verset Huit du Tao-Tô-King me paraît illustrer parfaitement ce Nombre Huit :

 

« La grande perfection est comme l’eau. Comme elle, elle dispense ses bienfaits aux dix mille êtres et ignore les luttes. Comme elle, elle se détourne des obstacles et les évite, descend vers la vallée et demeure là où les hommes ne peuvent pas habiter. C’est pourquoi elle est proche du Tao. Dans tout et pour tout, la perfection commande l’humilité. Elle demande au cœur d’être profond comme un puits. Dans les rapports avec les autres elle réclame des trésors de patience. De la parole, elle attend la vérité. Quand il faut gouverner, elle impose la loyauté et l’ordre. Quand il faut agir elle exige la compétence. Elle s’exerce au moment opportun et ne lutte jamais. Ainsi, elle ne peut s’égarer. » 

OPTIQUE « INITIATIQUE »

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SUBDIVISER ET SOUPESER 

Autrefois l’alchimiste travaillait à la transformation de la matière dans un laboratoire.

Ce mot en contient deux : “laborare” : travailler, et “orare” : prier.

 

Les deux termes (thermes = sources) se sont séparés par le temps qui coule : les uns ont gardé la transformation de la matière (chimie), les autres, la prière (Al = Dieu).

 

Après avoir explorés les 7 premiers arcanes (le 1er septénaire), l’initié arrive victorieux à l’arcane de la JUSTICE qui l’attend avec son épée et sa balance…

 

C’est alors le début de la démarche « alchimique » et afin de démarrer le processus, la première étape est celle de l’arcane 8. C’est la première opération… C’est le moment de « soupeser » et de séparer », de considérer et subdiviser…

 

LE CHARIOT transporte les éléments jusqu’à l’arcane 8 qui fera le tri, subdivisera les impuretés de la matière noble, et soupèsera… L’opération alchimique opéré par LA JUSTICE conduit à l’arcane de l’ERMITE…

 

Après avoir subdivisé et soupeser, l’ERMITE s’engage dans la voie de l’initié… Pour ne pas dire la voie de la sagesse. Il peut alors prendre sa destinée en main (ROUE-DE-FORTUNE)

 

Dans le Grand Portique de l’Infini s’ouvrent les 12 Portes de la Sagesse, comme 12 Apôtres entourent le Christ, comme 12 signes chiffrent le ciel, comme 12 Icônes protègent la terre, comme 12 mois séparent le temps, comme 12 heures martèlent la vie.

 

Suite à l’arcane 10 il restera 12 portes à franchir afin d’accéder à l’accomplissement du Grand-Œuvre.

 

10 + 12 = 21

8Quand l’initié comprend enfin le rôle de la ROUE-DE-FORTUNE, qui active le processus, il se soumet alors aux transformations exigées par les lames 11 + 12 + 13… Elles font alors de l’initié « la matière première » de l’opération alchimique qui fera suite!

 

Il s’agit là de trois grandes épreuves de passage : 11 + 12 + 13

 

La lame de LA FORCE 11 représente l’initié (double 1-1) qui dompte les forces… Mais remarquons aussi le « cou » de LA FORCE (et de LA JUSTICE)…. Le chimiste et le moine ont en commun le « COU » : un passage qui relie le corps (matière) à la tête (pensée). Deux petites clefs l’ouvrent : les clavicules. C’est un rite de passage par le cou qui mène à la compréhension.

 

 

8 + 11 = 19 : Une combinaison qui mène à l’illumination!

 

 

 

Vient ensuite le rite du PENDU 12, qui consiste à prendre conscience de nouvelles dimensions, de nouveaux aspects du monde qui nous entoure… Mais c’est aussi le rituel qui permet de se connecter aux ondes, sinon aux manifestations de l’invisible qui nous côtois.

 

Cette prise de conscience amène l’initié à accepter de se prêter au rite de la « mort initiatique »… L’ARCANE SANS NOM 13. C’est après avoir traverser cette dernière étape que les portes secrètes des arcanes s’ouvrent les unes à la suite des autres… L’initié renaît sous un nouveau jour…

 

Après l’étape de cet  Arcane SANS NOM 13 , les 8 autres arcanes qui suivront représentent le processus alchimique qui mène à l’accomplissement du Grand-Œuvre…

 

LA JUSTICE qui nous oblige à subdiviser et soupeser, nous amène à voir qu’il faudra mourir à notre ancienne manière de voir les choses…

 

Le chiffre 8 et le nombre 13 sont intimement liés…

 

Effectivement, 8 LA JUSTICE et 13 L’ARCANE SANS NOM, sont les clés de l’accomplissement de l’initié…

 

8 + 13 = 21

 

Suite à l’arcane 8, il reste 13 arcanes à franchir… Suite à l’arcane 13, il reste 8 portes à franchir…

8

Suite à l’arcane de LA JUSTICE, donc, 13 autres portes s’ouvriront successivement afin que nous passions du connu (le corps) à l’inconnu (l’étincelle divine), qui nous habite et veut se manifester.

 

Les arcanes 8 et 13 sont plutôt intimidantes… Ils se présentent comme des arcanes austères et intraitables…

 

Chaque porte est défendue par un voile invisible que l’instant permet de soulever.

 

La clef, le sceau (ou scel = sel, en langue des oiseaux) fait tourner la porte sur ses gonds. Le secret des secrets est une connaissance (de soi) que nous offre le très-petit quotidien, ce gnome, – gnomon, en grec, est un terme codé signifiant “gno sis”. – « mon » ici, fait référence à la « lune » (cf : moon)

 

Cette clef ouvre nos multiples NATURES (SATURNE), et le verrou saute avec la résurrection du printemps. Ostara!

 

Mais encore…

 

Les arcanes 8 et 18 sont ni plus ni moins des rites de purification…

Le chiffre 8 est encore celui de la purification…

 

L’arcane de la JUSTICE s’ouvre lorsque nous nous débarrassons de nos scories, de ce qui est “passé”, de ce qui nous a fait mal, grâce aux épreuves traversées qui sont le feu purifiant, d’autant plus aisément si l’énergie mentale n’entrave pas l’énergie vitale de l’instinct de conservation.

 

Elle forcera l’initié (LE BATELEUR 1) à passer par les épreuves de la dissolution (8), elle obligera le BATELEUR à faire face à l’épreuve de purification, via l’arcane de la LUNE (1 et 8 : 18).

 

LA JUSTICE et sa complice LA LUNE force la matière comme la pensée à la dissolution. Il s’agit toujours du temps, liquide qu’on ne peut tenir dans notre main, qui permet de Visiter l’Intérieur de notre Terre (la base), en Rectifiant (nos attitudes), de Trouver la certitude (aussi solide qu’une Pierre) qui s’y cache. C’est une opposition entre deux lois, deux principes de philosophie : l’anti…moine (= l’antinomie), dont le sens est limpide au lecteur soucieux de SÉPARATION entre ce qui est caché et ce qui est montré.

 

L’initié est donc confronté trois fois à un processus de “dissolution”, de “séparation”…

 

Avec l’arcane 8 l’initié “subdivise et soupèse” la substance

Avec l’arcane 16 (8 + 8), l’initié retire l’impur et retient le souffle, sélectionne la substance

Avec l’arcane 18 l’initié “nettoie et purifie” la substance…

 

Entrer et sortir par une Porte équivaut à changer de point de vue. Ouverture et fermeture : rythme de l’univers comme l’inspiration et l’expiration battent le rythme de notre corps.

 

8 et 16 et 18 sont les 3 portes qui font prendre conscience de notre vraie nature, et des vrais enjeux de l’existence !

 

Chaque porte est étroite, mais magique, car chacune de ces trois Portes invitent au “passage”. Passer les portes des arcanes est difficile. Quelle est la récompense au “difficile” ?

Sortir de la banalité.

DÉMARCHE INITIATIQUE “ALCHIMIQUE”

8

Nous voici donc à la 8ème Porte : celle de la SÉPARATION. Séparer le lourd du léger, l’épais du subtil.

 

La SÉPARATION, c’est RÉALISER que les quatre éléments correspondent aux quatre fonctions : Sensation = terre ; Sentiment = eau ; Intuition = air ; Pensée = feu. Même le plus grossier doit être pris en considération : c’est ce que notre corps rejette, la seule chose “solide” que nous sommes capables de FAIRE (avec son apparition fréquente dans les rêves en tant que rappel à la modestie).

 

La SÉPARATION est à l’origine de la CONJONCTION

 

Une double serrure ouvre la Porte de la CONJONCTION

 

Cette double serrure ouvre les deux arcanes de le CONJONCTION aussitôt après s’être soumis au rite de passage de la mort initiatique, symbolisé par l’arcane 13…

 

 

Le 14ème arcane LA TEMPÉRENCE est la serrure qui ouvre la porte secrète de l’Eau et de l’Air avec la Terre et le Feu ; au point que chaque élément peut être conduit dans l’autre. Considérant le plus simple, nous pouvons nous relier au plus complexe.

 

L’arcane 15, LE DIABLE, nous invite à accepter ce qui est sale, répugnant, bête, grossier, vulgaire comme faisant partie de « la manifestation ». Deuxième clef de l’arcane 15 : prendre conscience que l’esprit et le corps ne faisant qu’un, il existe un liant : l’âme, qui se manifeste par le rêve … parfois grossier, parfois subtil.

 

L’Arcane de LA JUSTICE, rappelons-le, est liée aux arcanes 14 et 15, du point de vue “alchimique” et “initiatique”….

 

LA JUSTICE nous a appris la juste mesure (LA TEMPÉRANCE) ce qui devrait nous permettre de dompter nos pulsions (LE DIABLE).

 

Après avoir franchi la 8ème Porte, celle de la SÉPARATION du vrai du faux, celle qui incite à prendre le temps de faire grandement les petites choses de peur de faire petitement les grandes ; l’initié comprendra qu’il  y a un travail alchimique à réaliser à l,intérieur de lui-même à la fois qu’en accord avec la Création ! (“La Création” est symbolisée par l’Arcane 21, LE MONDE)

 

LA JUSTICE est l’arcane de L’HARMONIE. L’HARMONIE est atteinte après avoir subdiviser et soupeser…

8

Au sens le plus élémentaire, LA JUSTICE, demande ici de séparer le subtil de l’épais… donc aussi de peser ses pensées, ses mots, et mesurer ses gestes…

 

Ce sont là le rôle des arcanes 8 à 14. Ces deux arcanes se trouvent au début et la fin du 2ème « septénaire » de la Rota.

 

L’Arcane 8 marque le début du cycle des épreuves…

 

L’Arcane 14 la fin du cycle des épreuves…

 

Ces épreuves sont les préparations aux Noces Alchimique qui seront célébrées durant la suite du 3ème septénaire (arcanes de 15 à 21).

 

La première Porte du 3ème septénaire est l’Arcane 15, LE DIABLE

 

Cependant, cette porte reste fermée, déguisée, cachée, camouflant le sanctuaire, porte que jamais l’imposteur, l’avide et le présomptueux ne seront capables d’ouvrir. Nous connaissons tous ces résistances, ces systèmes de fermeture, ces combinaisons multiformes que présente notre coffre secret. Elle est très basse, cette porte : elle doit l’être, non seulement pour l’humilité qu’elle exige, mais parce que difficile est le passage entre profane et sacré. L’excès, quel qu’il soit, est son ennemi. L’Équilibre et l’harmonisation des forces, et le tempérament qui se tempère avec le temps et la tempérance est absolument nécessaire ici, si l’on veut pouvoir franchir cette étapes sans être carbonisé! L’arcane du DIABLE est à comparé avec l’épreuve du feu… Ici, la substance passe l’épreuve des flammes, et elle risque alors justement de s’enflammer!

 

En vérité, n’aborde pas qui veut la suite des arcanes du 3ème septénaire… L’épreuve du DIABLE est essentielle voire capitale! Mais on ne passe pas cette porte sans avoir d’abord travailler sur soi, et avoir accumuler les connaissances et les habilités requises… Il est fortement conseillé de défier le DIABLE en étant bien préparer… Défier le DIABLE ne veut pas dire “chercher à l’abattre”, mais plutôt, arriver à être imperméable à ses influences néfastes tout en pouvant profiter de son énergie à son insu!

 

Il est donc fortement conseillé à tout initié de s’armé d’abord de sagesse. Et avant de s’engager dans le processus alchimique de “transmutation” du 3ème septénaire, il s’assurera de posséder les clés qui ouvrent les Portes des Arcanes.

 

Il n’y a sans doute qu’une seule manière d’aborder les 7 derniers arcanes du Tarot qui forme le 3ème septénaire… Et cela veut dire, aborder le DIABLE et la MAISON-DIEU… Il faut avoir passé les épreuves du 2ème septénaire, certes, mais surtout détenir les 4 clés qui permettront de poursuivre notre route sur le chemin de l’initié et qui permettront d’ouvrir les Portes des Arcanes de la « transmutation ». Ces 4 clés sont nécessairement 4 arcanes du 2ème septénaire, et sont un bagage indispensable à tout initié qui veut poursuivre sur la voie de l’initié. Il s’agit bien évidement des 4 vertus…

LA JUSTICE est une des 4 VERTUS

 

Selon Platon, les clés de tout accomplissement sont les 4 vertus. La prudence, la justice, le courage et la continence, c’est à dire LA JUSTICE 8, L’ERMITE 9, LA FORCE 11 et LA TEMPÉRENCE 14…

 

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Les vertus sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent les actes, ordonnent les passions et guident la conduite.Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne.

 

L’homme vertueux, c’est celui qui librement pratique le bien.

 

Ce groupe de quatre vertus est également présent dans le judaïsme hellénisé (Philon d’Alexandrie, IVe livre des Maccabées) et chez les Pères de l’Église.

 

Le christianisme considère que les quatre vertus cardinales jouent un rôle charnière (d’où leur nom de « cardinales », du latin cardo : charnière, pivot) dans l’action humaine et parmi les autres vertus.

 

LA JUSTICE consiste dans la constante et ferme volonté de donner moralement à chacun ce qui lui est universellement dû. C’est l’équité.

 

L’ERMITE (la prudence) dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir ; C’est la circonspection.

 

LA FORCE, c’est-à-dire le courage, permet dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien, affermissant la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale ; C’est la détermination.

 

La TEMPÉRANCE assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté, procurant l’équilibre dans l’usage des biens ; C’est la pondération…

MYSTÈRE INITIATIQUE DU CHIFFRE 8 

Il faut bien regarder cette image qui vaut mille mots!!!

 

 

” Lorsqu’on veut représenter l’univers, on trace un serpent qui se dévore la queue, et dont le corps est parsemé d’écailles. Les écailles représentent les étoiles dans l’univers. L’animal est extrêmement pesant comme la terre, et extrêmement glissant comme l’eau ; ensuite, chaque année, il se dépouille de son âge avec sa peau, comme dans l’univers, l’année produit changement et renaît. Et l’usage de son propre corps comme nourriture signifie que toutes choses qui sont engendrées dans l’univers par la providence divine doivent de nouveau se résoudre en lui-même.” 
 
Harapollon (prêtre égyptien du 1er siècle av. J.-C.)

 

Le Soleil et la Lune sont ici conjoints. Voir : CONJONCTION

 

« “Sol et Luna”, les deux éléments de base, les Composants Alchimiques essentiels, apparemment opposés, s’unissent dans la Fleur première qui n’a ni Commencement, ni Fin. » 
 
(Karuna Platon, “L’Instruction du Verseur d’Eau”, Les Éditions de la Promesse)
 

À partir du 3ème septénaire débuterons les Noces Alchimiques…

 

Comme il est indiqué, les noces de LA LUNE et du SOLEIL sont célébrées par le dragon LE DIABLE… C’est le DIABLE qui uni les opposé complémentaire, car il est à la source des attirances, des désirs, des passions, des pulsions… C’est l’énergie nécessaire au “Coïtus”.

 

“La conjonction, en alchimie, est la rencontre du soufre et du mercure, au début du solve. 

Le solve est la phase avant le coagula, dont l’aboutissement sera la Pierre philosophale, Solve et coagula, la maxime des Sages, « séparer » puis « rassembler ». 

Le soleil est le soufre, le principe actif. 

La lune est le mercure, le principe passif. 

Le feu céleste magique est le sel des philosophes, troisième principe, ou pour certains union du soufre et du mercure.” 

 

(Hervé Laurent, “En quête du monde invisible”, Art-du-Leu, 2011)

 

Le mystère de ces noces alchimique trouve sa clé dans le chiffre 8… Et dans la suite du 3ème septénaire cela nous rapporte à l’arcane 17 (1 + 7 = 8)

 

La 17ème Porte, arcane de L’ÉTOILE, est celle de la RÉVÉLATION

 

Un peu d’eau tendresse viendra humidifier l’être. On croira la Fermentation due à l’ammoniac : ce sera seulement un peu d'”armoniac”, un peu d’harmonie, un peu d’Art, un peu de Grand Art. L’HARMONIE est symbolisée par l’arcane de LA JUSTICE.

 

La vie alors s’écoule, pleine de vertes possibilités sur la terre rouge. De nous coule l’huile parfumée de la parole juste.

 

L’arcane de L’ÉTOILE. Ce symbole, plus que tout autre, parce qu’il recouvre la totalité, inclut l’inconscient ; il exerce, par suite, une emprise sur chacun de nous.

 

Notre matière (cette poudre impalpable des anges puisqu’elle vient des étoiles) est la Pierre philosophale : c’est, dans le plus petit fragment de matière qui soit, la plus grande quantité d’esprit.

 

8La beauté est esprit. Ornons notre vie de beauté ! Que celle-ci devienne hommage au céleste : la porte étroite permet à notre conscience de réaliser que nous sommes plus qu’un minéral, un végétal, un animal, ces trois principes qui manifestent le monde. La tension permet la naissance d’un troisième terme donnant accès aux merveilles réservées à l’investigateur libre de tout préjugé “scientifique”. Là est la VRAIE SCIENCE : celle de l’intérieur!!!

L’Étoile est notre lumière intérieure… Elle est le secret du discernement, de l’instinct, de l’intelligence!

 

L’arcane 17, L’ÉTOILE, est la première des trois arcanes célestes. Elles opèrent des changements « intérieurs »

 

L’ÉTOILE est l’INSPIRATON (1 + 7 = 8)

 

LA LUNE est LA PURIFICATION (1 + 8 = 9)

 

LE SOLEIL est L’EXALTATION (9 – 1 = 8)

 

La 18ème Porte est celle de la PURIFICATION. Ouverte devant tous, elle mène notre corps, cet inconnu, sur des chemins labyrinthiques, souterrains, afin de l’obliger à prendre conscience de ses impossibilités.

 

Modérément. Régulièrement. Descendre vers l’inanimé afin de retourner au plus bas vers cet humide d’où tout s’écoule pour se transformer en vie. Les quatre éléments doivent être proportionnés. Les émotions aussi, qui naissent à l’intérieur de nous : des sentiments bons et mauvais, passionnés. Bons, ils évoquent le pouvoir du vivant ; mauvais, ils font descendre au niveau des instincts destructeurs dont la peur d’être libérés de façon explosive incite à l’isolement, rend instable et inquiet : ils sont les “dévoreurs” du dedans. Tout doit être digéré, puis éliminé.

 

La 18ème Porte se nomme SUBLIMATION : spiritualiser le Corps afin de corporifier l’Esprit. Le Mercure (ce temps que nous ne pouvons tenir entre nos doigts) sera sublimé grâce au V.I.T.R.I.O.L. (Visite l’Intérieur de la Terre – notre psyché, notre obscurité, – et en Rectifiant – nos attitudes, – tu Trouveras (Invenies) la Pierre (Lapidem) – la Sagesse, cachée (Occultam). – La Rectification, permanente (comme l’air que nous respirons) permet de jeter dehors notre venin, cette ombre qui habite chacun de nous et que nous projetons à l’entour sans en avoir conscience.

 

Nous devons “sublimer” pour trois raisons : la première, rendre spirituel le Corps, la deuxième, préparer l’Esprit à devenir corporel et demeurer fixé dans le Corps, la troisième, faire que la Salure (ce qui est sale…) soit diminuée, elle qui ne porte pas de fruit.

 

Nous ferons alors descendre le Ciel en Terre pour la joie de tous et surtout la nôtre. De pesant (terre) nous deviendrons léger (esprit), passerons de terne et opaque à brillant et radieux.

 

La Porte 18, la Porte neuve, qui ouvre sur l’être neuf (1 + 8 = 9), est aussi celle de la FERMENTATION : grâce au “ferment du travail”, elle augmente son poids d’âme en faisant perdre les habitudes sécurisantes, les anciennes manières d’être, les vieilles façons de voir la vie et de la vivre.

 

La 19ème Porte, arcane du SOLEIL, se nomme “EXALTATION”. Vivre dans l’enthousiasme, c’est avoir constaté que la joie divine est à l’intérieur de nous. Après avoir épousé les contradictions contrariantes, en avoir extrait la substantifique moëlle, la quintessence, les avoir ensevelies au fond de nous en tant que passées, nous sommes revivifiés par le nouveau présent, éternel cadeau de vie.

 

Les contradictions nous écartèlent. Pour les conjurer, chaque élément doit être converti en son contraire et absorbé dans l’autre. Bien huilée, la roue du temps tourne alors en silence. Nous vivons notre vie dans l’allégresse parce que nous la trouvons en nous-mêmes ; nous ne sommes plus déchirés par l’inquiétude. La Nouvelle Aurore se lève, le nouvel Orient de la plus belle perle s’approche de nous, car nous sommes devenus brillants : le semblable attire le semblable.

 

Pour passer d’une porte à l’autre, nous n’avons que quelques mètres à parcourir, quelques instants qui sont nos maîtres. Pour ce parcours, notre corps, l’athanor, est porteur de l’esprit.

 

Les portes précédentes nous ont ouverts à différents états jusqu’au nombre 19… (1 + 9 = 10 : ROUE) Si nous répétons ce dernier état d’instant en instant, il y a multiplication… La ROUE devient alors le nombre 20…

 

La 20ème Porte se nomme MULTIPLICATION : l’instant aplanira les difficultés devant nous, discrètement. La condition est d’ignorer humblement notre puissance et de laisser s’écouler l’événement, – peu importe lequel, – qui, par nature, se dissoudra afin de se renouveler et de nourrir notre énergie en en multipliant les potentialités.

 

C’est en nous donnant à lui que nous nous multiplions. Si nous multiplions cet état par dix, nous ferons cent, cent par dix, nous ferons mille, et mille par dix, nous ferons dix mille, allant ainsi à l’infini.

 

Le chiffre 8 est bien semblable au symbole qui désigne l’INFINI

 

Le cercle de la rota s’est replié en boucle… répète le mouvement circulaire, mais en passant par le cœur… Le 8 et le symbole de l’infini représente les énergies qui circulent en boucle…

 

 

Et remarquons encore qu’il y a peut-être un lien à faire entre les arcanes de LA JUSTICE et du JUGEMENT… D’abord leurs noms sont lié à des questions de Sentences, de lois ou de décrets….

 

8L’initié durant l’heure cruciale de sa métamorphose comprend enfin l’énigme que pose ce fameux arcane 8 de LA JUSTICE, et comprend pourquoi le 8 est le frère de l’INFINI…

 

Voici le secret qui lie ensemble les arcanes 8 et 20 : “La Juste Is dit que le Juge ment”. 

 

Comprendre cela est ce qui provoque la “seconde mort” de l’initié

 

Le 8 s’accouple alors au 13… (8 + 13 = 21). Cette fois l’initié renaîtra de ces cendres tel le Phénix, devenu l’hermaphrodite qui seul peut ouvrir la porte du 21ème arcane.

 

Le 8 devient ici le mouvement lent des deux serpents du caducée d’Hermès… Ils circulent en 8. Les énergies sont multipliées en passant par le cœur… L’étoile internelle…

 

Théorie ajoutée à Pratique offriront couleurs et parfums au moment présent. Il ne s’agira pas seulement d’une ouverture dans un mur, mais d’une communication entre le secret de l’être et le sacré de la vie.

 

La 21ème Porte se nomme ACCOMPLISSEMENT. Elle prouve que nous avons ouvert les précédentes portes par la mise en pratique, et donc, que notre teinture est permanente. Nous le constatons si nous savons endurer le feu des émotions dans la stabilité. Dorénavant l’initié a le parfait contrôle de ses émotions et de ses pulsions…

 

Avec le 21ème arcane, les clefs nous sont données, qui ouvrent sur la connaissance de notre totalité reliant le connu à l’inconnu ; c’est un passage unique puisque nous pouvons entrer et sortir par le même moyen. Secret de la nature, secret des forces célestes, secret de l’univers, et de notre univers secret…

 

Avec le 21ème arcane, LE MONDE, Les secrets de l’immensité infinie de la création se fusionnent avec notre lumière intérieure.

 

La boucle est bouclée… Les énergies circulent… L’initié multiplie les substances. L’onde qu’il provoque se répercute dans les confins et l’infini nous fait écho.

 

C’est en nous multipliant et en SUBLIMANT que nous nous augmentons. Apprenons à laisser venir le nouveau afin de créer notre propre vie ! Que cette 21ème et dernière Porte de la SUBLIMATION tourne sans cesse autour de son gong, grâce à l’huile d’étonnement et de félicité ! Cette quintessence sera surabondance.

 


Que les seuils des 21 Portes servent de transition entre les opposés ! Que chacune s’entrebâille pour laisser passer le mystère du rêve, de la fantaisie, de la mutation intérieure, source de toute création, à la recherche du centre de nous-mêmes : le cœur !

EN CONCLUSION :

Mais, me direz-vous, pourquoi faire tant de cas de cet arcane 8, pourquoi insister ainsi sur l’arcane de “LA JUSTICE”…

 

Tout simplement parce que pour l’initié elle représente la raison même du Tarot. Le But du Tarot est de parvenir à faire converger toutes les idées, tous les efforts vers la PAIX, L’ÉQUITÉ, L’INTÉGRITÉ et L’HARMONIE, en nous-mêmes comme à travers toute la Création.

 

Ces quatre aspirations ultimes sont l’apogée de la Sagesse………

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Châtelet-Les Halles fontaine du Palmier

 

Les 4 vertus cardinales : Justice, Force, Tempérance et chut !

 

Force, Justice, Tempérance et Prudence. Pour vous, amateurs de Tarot de Marseille, ces dénominations ne vous sont pas inconnues…

 

En revanche, vous allez me signaler et à juste titre, que « Prudence » n’existe pas dans les cartes dont nous parlons. Enfin, de prime abord, n’est-ce pas…

 

Comme à de nombreuses reprises, le Tarot nous joue ici sa fameuse règle du « 3+1 » : 3 visible et 1 invisible ou 3 semblable et 1 différent…

 

Mais en attendant de vous en dire plus à ce sujet, je vous propose de lire la définition des vertus cardinales proposée par wikipedia :

 

Le christianisme considère que les quatre vertus cardinales jouent un rôle charnière (d’où leur nom de « cardinales », du latin « cardo » : charnière, pivot) dans l’action humaine et parmi les autres vertus.

 

La prudence dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir ;

 

La tempérance assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté, procurant l’équilibre dans l’usage des biens ;

 

La force, c’est-à-dire le courage, permet dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien, affermissant la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale ;

 

La justice consiste dans la constante et ferme volonté de donner moralement à chacun ce qui lui est universellement dû.

 

Les vertus sont des attitudes fermes, des dispositions stables, des perfections habituelles de l’intelligence et de la volonté qui règlent les actes, ordonnent les passions et guident la conduite. Elles procurent facilité, maîtrise et joie pour mener une vie moralement bonne. L’homme vertueux, c’est celui qui, librement, pratique le bien.

 

Ce groupe de quatre vertus fut repris par Socrate puis mis en évidence par Platon, suivi par Aristote et les philosophes stoïciens.

 

Dans les œuvres littéraires et les œuvres d’art du Moyen Âge et de la Renaissance, les vertus sont généralement représentées sous les traits de femmes. Les vertus sont représentées avec des attributs symboliques, qui varient selon les artistes et les auteurs. Néanmoins certains attributs donnent lieu à de nombreux réemplois, par exemple :

 

pour la prudence : miroir, corne d’abondance, serpent ;

pour la tempérance : deux récipients avec l’eau passant de l’un à l’autre, balancier d’horloge ;

pour la force : animal terrassé, massue ;

pour la justice : glaive, sceptre, balance.

 

À la Renaissance, certains ouvrages se sont attachés à normaliser ces attributs ou à les recenser tout en fournissant des explications sur leur origine et leur symbolique. Le plus connu est l’Iconologia (1593) de Cesare Ripa, qui sera suivi de nombreux autres livres d’emblèmes.

 

En lisant ce qui précède, il est relativement aisé de reconnaitre les vertus dans les arcanes concernées, même lorsque leurs attributs employés divergent quelque peu.

 

Ci-dessous, vous pouvez admirer, dans l’ordre d’apparition à l’écran, les lames du Dodal, les Vertus de l’hotel de ville de La Rochelle, les Vertus du tombeau des Ducs de Bretagne dans la cathédrale de Nantes…

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C’est la Prudence du Tombeau dit « de François II » de la Cathédrale de Nantes qui sera la plus à même de nous mettre sur la piste de notre vertu cachée du Tarot de Marseille. Preuve supplémentaire, s’il en fallait, de l’étroite corrélation entre alchimie et Tarot.

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Force                          Justice                         Tempérance

En attendant, ne faisons pas durer le suspense plus longtemps et voyons ce que cache la belle Prudence de Nantes sous sa coiffe…

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Édifiant, n’est-ce pas?

 

Le voici donc démasqué, notre « Prudent » du Tarot ! Prudence, qui est par ailleurs un des principaux mots-clé attribués à cette lame VIIII, ce qui n’est certes pas un hasard.

 

Ici, point de miroir ou de serpents, même si certaines éditions récentes du Tarot dit de Marseille n’ont pas hésité à ajouter un de ces reptiles autour du bâton de l’Ermite le transformant ainsi en caducée.

 

Pour autant, l’allure singulière de ce noble personnage intrigue. Il semble aller à contre-sens du sens de lecture communément admis comme étant de gauche à droite. Pour ma part, il me plait de penser qu’il avance grâce à son miroir qui, s’il n’est pas ici représenté de manière tangible, est subtilement suggéré par ce mouvement de « conduite au rétroviseur ».

 

Fulcanelli, alchimiste, nous indique à propos du miroir dans l’ouvrage « les Demeures philosophales » que :

 

« c’est l’ouverture à la Vérité et c’est dans celui-ci que les maîtres voient la nature à découvert car la nature ne se montre jamais d’elle-même au chercheur, mais seulement par l’intermédiaire de ce miroir qui en garde l’image réfléchie. »

 

C’est que le miroir n’est pas ici symbole de vanité mais de l’examen de conscience qui doit présider à toute action sage : l’homme prudent doit être capable d’introspection et de réflexion. C’est le principal message dont est porteur ce neuvième « arcane »…

On peut noter que Court de Gebelin (1725-1784) attribuait, quant à lui, la vertu de Prudence à la carte du Pendu XII. Pourquoi pas ? Pour ma part, et pour finir sur une boutade, je dirais que si Le Pendu avait été vraiment prudent, il ne se serait peut-être pas retrouvé dans une si inconfortable situation !

 

Plus sérieusement, je ne prétends pas, encore une fois, détenir la « seule Vérité incontestable ». En cela au moins, je me démarque d’auteurs moins « prudents » et me satisfais simplement de partager avec vous quelques pistes de réflexions.

HISTOIRE DES 4 VERTUES CARDINALES

Les premiers écrits au sujet des vertus humaines sont l’œuvre des philosophes grecs. Dans « La République », Platon (427-348 avant Jésus-Christ) distingue déjà quatre vertus principales : la sagesse (Livre IV, 428b-429a), le courage (Livre IV, 429a-430c), la tempérance (Livre IV, 430d-432b) et la justice (Livre IV, 432b-444a).

 

Platon rapproche la sagesse de la connaissance. Selon lui, être sage c’est être de bon conseil et c’est la connaissance qui permet d’être de bon conseil. Le courage n’est nécessaire qu’aux auxiliaires des chefs d’état qui sont les gardiens et les défenseurs de la cité. La tempérance est partagée par tous les citoyens. Grâce à cette vertu l’homme maîtrise ses passions. L’harmonie entre les citoyens est ainsi favorisée. Platon met au dessus des autres la quatrième vertu : la justice. Elle est en même temps la condition des trois autres mais aussi la plus difficile à trouver.

 

Aristote (384-322 avant Jésus-Christ) dans « Ethique à Nicomaque » utilise une distinction différente. « Nous distinguons, en effet, les vertus intellectuelles et les vertus morales : la sagesse, l’intelligence, la prudence sont des vertus intellectuelles ; la libéralité et la modération sont des vertus morales ». (Livre I, chapitre 13). Il met à part la justice qu’il considère comme la plus haute des vertus. Un peu plus loin, il précise la signification de la vertu. « Ainsi donc, la vertu est une disposition à agir d’une façon délibérée consistant en un juste milieu relative à nous, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l’homme prudent ». (Livre II, chapitre 6). Il passe ainsi en revue une dizaine de vertus. Parmi celles il décrit : Le courage est un juste milieu entre la peur et la témérité. La libéralité est un juste milieu entre l’action de donner et celle de recevoir des richesses. La magnanimité est un juste milieu entre la pusillanimité et la vanité. La tempérance est le juste milieu par excellence. Ces vertus deviennent ainsi des formes de prudence.

Les vertus principales sont ainsi plus que trois : la justice, la prudence et la sagesse. L’intelligence n’est qu’une vertu mineure.

 

Cicéron (106-43 avant Jésus-Christ) dans « De finibus » reprend à son tour la doctrine des quatre vertus principales. « L’autre genre comprend les grandes et véritables vertus, filles de notre liberté, telles que la prudence, la tempérance, la force, la justice, et les autres de même nature. ». Contrairement à Aristote Cicéron ne privilégie par une vertu par rapport aux autres. Elles ont chacune une fonction particulière mais elles sont tellement liées entre elles et elles participent tellement les unes aux autres qu’on ne peut pas les séparer. (Livre V)

 

Saint Ambroise (environ 340-397) dans « De officiis ministrorum » est le premier auteur chrétien à fixer la liste des vertus cardinales : la tempérance, la justice, la prudence et la force. Le terme « cardinale » vient du latin cardo, « le gond ». C’est autour de ces vertus que pivotent toutes les autres comme autour d’un gond.

 

À son tour, Saint Augustin (354-430) dans un ouvrage intitulé « DES MOEURS DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE ET DES MOEURS DES MANICHÉENS », au chapitre XV nous donne ce qu’il appelle une définition chrétienne des quatre vertus cardinales. Le texte constitue une synthèse entre les vertus cardinales et les vertus théologales.

 

« Si la vertu est le chemin du bonheur, que peut être la vertu sinon amour souverain pour Dieu ? Quand donc on dit qu’elle est quadruple, je crois qu’on l’entend des divers états de cet amour. Ces quatre vertus, plaise à Dieu que leur efficacité soit dans tous les Cœurs, comme leurs noms sont dans toutes les bouches ! 

 

Voici comme je les définis sans hésiter : LA TEMPÉRANCE, c’est l’amour se donnant tout entier à l’objet aimé; LA FORCE, c’est l’amour supportant tous les maux à cause de l’objet aimé; LA JUSTICE, l’amour soumis au seul objet aimé, et par suite régnant sur tout le reste avec droiture; enfin, LA PRUDENCE, c’est l’amour faisant un choix judicieux de ce qui peut lui être utile à l’exclusion de ce qui peut lui être nuisible. Et cet amour, nous avons dit que ce n’est pas l’amour de n’importe quel objet, mais uniquement l’amour Divin, c’est-à-dire l’amour du souverain bien, de la souveraine sagesse, de la concorde souveraine. 

 

Je pourrais donc encore redéfinir ces vertus : LA TEMPÉRANCE c’est l’amour se conservant intègre et incorruptible; LA FORCE, c’est l’amour supportant facilement tout à cause de la Foi; LA JUSTICE, c’est l’amour au service de l’équité et de la paix. LA PRUDENCE, c’est l’amour discernant judicieusement ce qui peut nous aider à arriver au divin ou ce qui peut nous détourner de lui. » 

 

Dans les œuvres d’art les vertus cardinales sont représentées sous les traits de femmes portant les attributs suivants :

 

LA TEMPÉRANCE: deux récipients avec de l’eau passant de l’un à l’autre

LA FORCE: le glaive

LA JUSTICE : la balance

LA PRUDENCE: miroir et serpent

 

LES VERTUS CARDINALES ET LE TAROT

 

Parmi les 22 arcanes majeurs du tarot de Marseille, on retrouve 4 arcanes pouvant peut-être avoir la même signification symbolique que les 4 figures des Vertus Cardinales. Ces 4 arcanes sont : La Justice (arcane VIII), L’Hermite qui représente un vieux sage dont la voie est celle de la prudence (arcane IX), La Force (arcane XI) et Tempérance (arcane XIV).

 

Les 4 vertus cardinales sont bien expliquées dans « La chrysopée du Seigneur » attribuée à Raymond Lulle. Je vous en donne l’extrait :

 

“Dans l’Homme, les Éléments susceptibles de faire débuter l’œuvre, sont les Quatre Vertus Cardinales, savoir: Force, Prudence, Tempérance et Justice.

 

Le Sage qui a su développer en son Âme ces Quatre Vertus est assuré, de par leur présence même, de voir se développer en lui, à leur tour, les trois Vertus Théologales, savoir : Foi, Espérance et Charité.

 

Ainsi, la pratique suivie et attentive des Vertus Cardinales, génère et suscite l’action des trois Vertus supérieures. À leur tour, lorsque nos trois Principes supérieurs sont définitivement acclimatés en nous, ils s’empressent d’éveiller d’autres présences, celles des Puissances de la dyade suprême : Intelligence et Sagesse.

 

Et à leur tour, ces deux grâces divines en éveillent une autre en nous : celle qui ne saurait être exprimée par des mots et des images. En cette dernière est toute la Béatitude promise aux élus, par elle, nous participons, créatures, à la Vie Divine.

 

Il serait vain de croire que la pratique d’une seule Vertu soit susceptible de générer les suivantes. De même que l’enfant naît du père et de la mère, de même que l’Esprit-Saint procède et du père et du Fils, de même une Vertu ne procède que de deux autres. Ainsi, sur l’Arbre de notre Connaissance.

 

La première Vertu qu’il importe de développer en nous est celle de la Force. Car comment pouvons-nous nous attaquer à une telle entreprise si nous ne sommes pas, par avance, assurés de la mener à bien ? Il faut donc être fort ; fort contre le monde, fort contre nous, fort contre nos Vices.

 

La seconde Vertu à développer est la Prudence, car elle nous enseignera à nous défier du Monde, de nous-mêmes, des ruses subtiles des Vices, nos Ennemis conscients et subtils. Car, encore une fois, il ne faut point voir ces Vices comme des réactions instinctives et mécaniques de notre propre Chair. Sans doute, celle-ci sert de véhicule et de canal à ces réactions. Mais celles-ci sont inspirées par l’Esprit Démoniaque qui habite en elle, puisqu’il en est à la fois l’auteur et l’animateur. C’est par elle que l’Esprit des Ténèbres s’exprime ; et lorsqu’il la fait vibrer à sa guise, ainsi que la viole sous les doigts du ménétrier, nous devons, en tant qu’esprit libre, nous défier de tout ce qu’elle apporte de suggestions diverses, compliments ou reproches, conseils ou négations, tout ce qui semble présenter une justification de la prééminence de la Chair sur l’Esprit, tout est à rejeter. Voici la Vertu de Prudence.

 

De la pratique commune de ces deux premières Vertus, Force et Prudence, naîtront respectivement deux autres : Tempérance et Justice.

 
Lorsque la Force aura tendance à déborder son domaine, que Prudence s’effacera momentanément, Justice apparaîtra. Car, qui dit Justice dit rétribution exacte. Et par une réaction purement mécanique, l’équilibre un instant perturbé se rétablira.

 

Mais lorsque Prudence l’emportera sur Force, alors Tempérance apparaîtra. Elle a également nom Miséricorde, Douceur, Indulgence, et Pardon. Sur la ligne des deux plateaux, elle s’oppose à Justice, dont la rigoureuse précision ignore les variations suscitées par l’infini amour des êtres pour les êtres, et de Dieu pour eux tous.

 

Lorsque ces Quatre Vertus Cardinales seront devenues actes de tous les instants, en toi, Fils du Soleil et de la Lune, les Éléments de l’Œuvre seront prêts à entrer dans le jeu des générations supérieures. Alors, dans ton Âme, paraîtront trois hôtes nouveaux, les Vertus Théologales, qui ont nom Foi, Espérance et Charité.

 

Force était Feu, Justice était Air, Tempérance était Eau, et Prudence était Terre. En cette seconde série, Foi sera Soufre, Espérance sera Mercure et Charité sera Sel.

 

La Foi naît de la pratique de la Justice et de la Tempérance. Foi, avant tout, prend sa source dans la vérité et la franchise. Lorsque tu possèdes la Vérité, une Certitude, tu crois alors fermement au bien-fondé de ce qui s’y rapporte. Et la solidité de ta croyance est le fruit de ta certitude. Songe alors que la Foi que tu peux susciter chez autrui dépend totalement de la véracité de tes paroles, de tes actes et surtout de tes pensées. Pense juste, pour parler franchement et agir droit. Car Foi est surtout et avant tout Bonne Foi. Foi, c’est Franchise ! Ne mens pas, car le Mensonge tue la Foi. Ce faisant, tu tisses autour de toi-même un voile qui te cache Dieu, suprême Vérité. 
 
Pour croire juste. il faut imaginer ou agir véridiquement. Ce faisant, tu fais naître en toi-même une Foi, fille de Certitude. Et Certitude est seule Réalité…
 
Justice et Bonne Foi engendrent Espérance. Car, qui nierait que le Bon Droit, né de Justice, et Certitude, fille de Bonne Foi, sont seuls susceptibles d’asseoir sans crainte ton Espérance ?

 

Semblablement, Foi et Tempérance font naître Charité. Car la Bonne Foi et la Douceur exigent que nous rendions à autrui ce que nous souhaitons qu’il nous rende. Ainsi naît la Charité, autre aspect de l’Amour des êtres pour les êtres.

 

Mais Bonne Foi et Espérance font aussi naître Charité et ce pour les mêmes motifs. La Certitude que donne l’Espérance reposant sur la Vérité et sur la Bonne Foi, nous démontre que le but et l’état final des Etres est justement l’Amour de ces mêmes êtres les uns pour les autres. Donc, Foi et Espérance génèrent Charité.”

 

Ici, le Septenaire est établi. En toi-même, Fils du Soleil et de la Lune, ont été successivement générées Force et Justice, Tempérance et Prudence, donnant naissance à Foi, Espérance et Charité.

 

Issus des Quatre Éléments, Feu, Air, Eau, Terre, se dessinent flamboyants comme des personnages de Vitrail : Soufre, Mercure et Sel des Philosophes!

Les 4 Vertues Cardinales sont nécessairement une des “Clés Fondamentales”.